La suppression d’une fiche Google dans le secteur de la santé obéit à des règles bien plus strictes que pour une activité commerciale classique. Lorsqu’il s’agit de supprimer une fiche Google ou une fiche Google My Business concernant un professionnel de santé, l’enjeu dépasse largement la simple visibilité en ligne. La fiche, visible en ligne sur internet, constitue une page publique qui agit comme un véritable outil d’exposition, parfois assimilable à une marque, sans qu’aucun contrat n’ait été formellement accepté par le praticien.
Dans ce contexte, la fiche peut contenir des données personnelles, voire des données de santé, et affecter directement la réputation d’une personne physique soumise à des obligations déontologiques fortes. Le contenu affiché, les avis, les informations de contact ou les descriptions peuvent devenir mauvais ou inadaptés, notamment lorsqu’ils évoluent au fil du temps sans contrôle.
Médecin spécialiste, dentiste, chirurgien, praticien libéral ou cabinet médical : tous peuvent être confrontés à une fiche Google créée sans autorisation, à des avis négatifs sur Google, ou à la diffusion d’informations inexactes, parfois reprises en suite par d’autres plateformes ou via des liens externes. Cette situation concerne aussi bien une nouvelle activité qu’une structure connue, et peut impliquer une entreprise médicale ou une organisation professionnelle disposant d’un compte Google non maîtrisé.
Dans ces conditions, maintenir une telle fiche active peut devenir un sujet sensible, tant sur le plan juridique que professionnel. La décision de supprimer la fiche doit alors être analysée avec rigueur, en tenant compte de l’ensemble des conséquences liées à la visibilité publique, au impacts sur le référencement et à l’image renvoyée aux internautes.
Pourquoi les professionnels de santé ont un régime spécifique ?
Contrairement aux commerces ou aux sociétés commerciales, les professionnels de santé ont le droit de bénéficier d’une protection renforcée de leur identité numérique. Cette protection tient à la nature même de leur profession, à leur responsabilité vis-à-vis des patients et au cadre légal strict qui encadre toute communication les concernant.
Une fiche Google médicale — parfois appelée à tort google médecin — peut être créée sans autorisation, sans que le praticien n’en soit le propriétaire, ni même informé. Or, cette fiche, visible sur un site ou via une application Google, agit comme une fiche professionnelle publique, accessible dès la première recherche effectuée par un internaute.
Une telle fiche implique souvent :
- le nom d’une personne physique,
- une adresse professionnelle ou celle d’un établissement de santé,
- des coordonnées (numéro, localisation),
- des commentaires de patients,
- parfois des informations assimilables à des données à caractère personnel ou à des données de santé.
Ces éléments ne relèvent pas d’une simple logique commerciale. Ils sont soumis au RGPD, au secret médical, à la loi Informatique et Libertés, ainsi qu’au droit européen applicable dans l’Union européenne. La liberté d’expression, souvent invoquée pour justifier les avis, n’est pas absolue : elle peut être limitée lorsqu’elle porte atteinte aux droits fondamentaux d’une personne, notamment à sa vie privée ou à sa réputation professionnelle.
Dans ce contexte, le juge peut être amené à apprécier l’équilibre entre liberté d’expression et protection des données, y compris face à des acteurs comme Google LLC et Google Ireland, qui assurent le service de diffusion de ces fiches à l’échelle européenne.
C’est pourquoi, lorsqu’une fiche médicale est inexacte, abusive ou non consentie, supprimer Google My Business ou demander aux sociétés Google de supprimer la fiche n’est pas une démarche exceptionnelle, mais une action propre, légitime et juridiquement fondée. Elle vise à empêcher la diffusion d’informations sensibles, à éviter toute confusion pour le public et à garantir que la communication autour d’un professionnel de santé respecte strictement le cadre légal en vigueur.
👉 En résumé, le régime spécifique des professionnels de santé repose sur la protection des données, le respect du secret médical et un contrôle renforcé de leur exposition numérique, bien au-delà des standards applicables aux activités commerciales classiques.
Cas fréquents justifiant la suppression d’une fiche médicale
Fiche Google créée sans autorisation
Il est fréquent qu’une fiche Google de remettre une fiche créée sans autorisation, soit automatiquement par Google, soit par un tiers (patient, internaute, plateforme).
Dans le secteur médical, cette création sans consentement peut constituer une atteinte au droit à l’information maîtrisée et à la protection des données.
👉 Dans ce cas, la suppression de la fiche est juridiquement fondée.
Avis négatifs ou faux avis de patients
Les avis Google publiés sur une fiche médicale peuvent contenir :
- des accusations infondées,
- des informations médicales inexactes,
- des propos diffamatoires,
- des atteintes directes à la réputation professionnelle.
Dans le cadre d’une activité professionnelle de santé, ces avis apparaissent publiquement sur le web et ont une portée bien plus importante que dans un secteur commercial classique. Ils influencent directement la confiance du public, alors même que le professionnel ne peut pas toujours exercer un droit de réponse libre.
Un avis inappropriés dans le secteur médical poursuit souvent un objectif de mise en cause personnelle. Certains commentaires, rédigés par un particulier, apparaissent sans vérification préalable et peuvent concerner une fiche GMB parfois créée sans autorisation. Dans ces conditions, la gestion des avis devient un véritable enjeu juridique.
Même le simple fait de répondre aux avis ou de gérer les avis négatifs peut poser problème lorsqu’il existe un risque de violation du secret médical. Une réponse maladroite, même factuelle, peut être interprétée comme une divulgation d’informations sensibles concernant la personne concernée.
C’est pourquoi les démarches pour supprimer un avis, ou pour supprimer un avis Google, sont souvent préférables à une gestion publique classique. Ces démarches passent par un signalement auprès de la société Google, de Google Ireland ou de Google LLC, selon le cadre juridique applicable.
Dans les cas les plus graves, notamment lorsque les avis portent atteinte à l’honneur ou reposent sur des faits inexacts, la suppression peut être soutenue par une argumentation fondée sur le RGPD, la protection des données personnelles et la jurisprudence de la Cour de justice, y compris des décisions issues de juridictions françaises comme l’appel de Chambéry.
👉 En pratique, supprimer les avis Google, voire pousser google à supprimer la fiche entière de l’établissement Google, peut constituer la dernière possibilité raisonnable pour protéger la profession, la réputation et la relation de confiance avec les patients.
Les tentatives informelles (simple appel, recherche d’un numéro de téléphone générique ou contact non documenté) sont rarement suffisantes face à des situations sensibles impliquant des professionnels de santé.
Atteinte à la réputation et intérêt légitime
Lorsqu’une fiche porte atteinte à la réputation professionnelle d’un médecin, dentiste ou chirurgien, il existe un intérêt légitime à demander son retrait.
Cet intérêt est reconnu :
- par l’article 17 du RGPD (droit à l’effacement),
- par la jurisprudence française,
- par les décisions des tribunaux judiciaires (Paris, Chambéry, etc.).
Suppression selon les spécialités médicales
Médecins et praticiens généralistes
Les médecins sont souvent exposés à des fiches Google visibles publiquement, avec des avis de patients difficiles à modérer.
La suppression peut être demandée en cas :
- de données inexactes,
- d’atteinte à la réputation,
- de non-respect du cadre médical.
Dentistes et chirurgiens-dentistes
Le chirurgien-dentiste se situe à la frontière entre activité médicale et perception commerciale, notamment en raison de la visibilité offerte par les plateformes numériques. Toutefois, la publicité médicale demeure strictement encadrée par les règles déontologiques et par le cadre juridique applicable au niveau européen.
👉 Dans ce contexte, une fiche Google dans le secteur euro assimilable à une vitrine commerciale, mettant en avant des services, des offres ou des éléments promotionnels, peut être contestée juridiquement, dès lors qu’elle dépasse le simple devoir d’information du patient et contrevient aux règles applicables aux professions de santé.
Chirurgiens et chirurgiennes
Pour les chirurgiens (et chirurgiennes), la présence d’une fiche Google peut exposer à :
- des jugements de résultats médicaux,
- des commentaires inappropriés,
- une confusion entre information et publicité.
👉 La suppression est souvent préférable à une gestion permanente des avis.
Fondements juridiques pour obtenir la suppression
La suppression d’une fiche Google médicale peut reposer sur plusieurs bases légales :
- Article 17 du RGPD : droit à l’effacement
- Protection des données à caractère personnel
- Respect du secret médical
- Intérêt légitime du professionnel
- Absence de base légale au traitement de données
- Non-respect du principe de proportionnalité
Google agit via ses entités (Google France, Google Ireland, Google LLC) et peut être contraint d’intervenir dans le cadre d’une demande formelle ou judiciaire.
Procédure de suppression : Google ou justice ?
Démarches amiables
- Signalement auprès de Google
- Demande de suppression de la fiche
- Demande de suppression des avis
- Mise en demeure via avocat
Voie judiciaire
En cas de refus, un recours peut être porté devant :
- le tribunal judiciaire de Paris,
- le tribunal judiciaire de Chambéry,
- ou toute juridiction compétente.
La justice peut ordonner :
- le retrait de la fiche,
- la suppression des avis,
- voire des dommages en cas de préjudice avéré.
Conséquences de la suppression d’une fiche médicale
La suppression entraîne :
- disparition de la fiche dans les résultats de recherche,
- perte de visibilité locale,
- suppression des avis Google,
- fin de l’exposition publique non maîtrisée.
👉 Pour les professionnels de santé, cet effet est souvent positif, car il restaure une communication conforme aux règles déontologiques.
Conclusion : une protection légitime pour les professionnels de santé
La suppression d’une fiche Google dans le secteur médical n’est ni abusive ni exceptionnelle : elle est souvent légale, légitime et nécessaire.
Les droits des professionnels de santé disposent de droits spécifiques face à Google, notamment lorsqu’une fiche :
- est créée sans autorisation,
- diffuse des avis négatifs injustifiés,
- traite des données personnelles sans base légale,
- porte atteinte à la réputation professionnelle.
👉 Dans ces situations, obtenir la suppression est une démarche parfaitement fondée, juridiquement encadrée, et reconnue par les juridictions françaises et européennes.
